Fame, Gula, ça vous dit quelque chose ? Pour ceux qui zapperaient un peu trop vite à la fin de la météo du soir – juste après la gesticulation tantôt funèbre, tantôt ironique du présentateur s’évertuant à ranimer le gris carcéral et à réchauffer le bleu arctique de ses cartes – il y a parfois, on dit bien parfois, un petit clin d’oeil pour les colonies, nos amis d’outre-mer les bien nommés (surtout ceux qui ont une chambre supplémentaire), avec un exposé supersonique du temps-qu’il-fait-là-bas, le tout en quelques cartes aussi minuscules qu’ensoleillées. Eh oui ! Tout ronds, tout jaunes, c’est nous, juste après les antillais et les saint-pierrois miquelonnais.
Sauf qu’en ce moment, y’a du nouveau dans ce pauvret rituel cathodique. On nous consacre au moins trente secondes de plus ! La faute à l’ex-Fame et à Gula. Ce sont les deux systèmes cycloniques (respectivement les huitième et neuvième de la saison) qui nous cherchent laborieusement des noises depuis une petite semaine. L’ex-Fame doit son préfixe à la rétrogradation que ses amants météorologues lui ont infligé suite au re-calcul de son état amoureux et néanmoins potentiellement dangereux. De cyclone, elle est donc devenue une dépression tropicale (normal après un tel désaveu amoureux) qui a entrepris de pleurer sur nous après avoir passé ses nerfs sur Mayotte et Madagascar (qui ont bien dégusté au passage). Quant à Gula, c’est plutôt une tempête tropicale modérée, ex-cyclone intense (les météomen ont l’amour vache), qui a perdu de sa vigueur en batifolant d’une façon trop stationnaire au nord est de Maurice. A trop reluquer de loin les culs bronzés sur les plages de l’amour, il en a perdu sa vigueur.
Bref, pour l’instant on se permet de déconner un peu, même si les seaux d’eau tombés hier et ce matin nous promettaient pour ce soir une future alerte orange… qui n’est finalement jamais tombée. Au grand dam de nos cancres qui escomptaient gagner quelques jours de confinement sans travail. Il se murmure même que certains professeurs espéraient eux-aussi secrètement gratter quelques journées de corrections supplémentaires pour agrémenter les piles un peu trop maigres de leurs paquets estivals… Hélas, ils regarderont donc passer les nuages et leurs petites bourrasques depuis leurs salles de classe.
En attendant, comme tout le monde ici, nous surveillons la météo au moins cinq fois par jour. Histoire de vérifier si l’adage de Météo France se réalise, ou bien pour découvrir à temps si leurs incertidudes prévisionnelles rapprocheraient de nos côtes déjà pourtant bien rincées les deux prétendants éconduits dont on parlait plus haut. L’heure est donc à l’expectative et à l’effervescence (presque) pré-apocalyptique. On stoque de l’eau, des bougies et quelques piles. Chouette ! On va peut-être enfin goûter à des raviolis en boîte ! Y’a même de la crème Mont-Blanc en stock pour les bobos du déluge ! Pour ce qui est de remplir la baignoire, on hésite quand même encore à y mettre de l’essence ou du sucre… Rassurons quand même les inquiets ou les inquiètes qui auraient un billet ou des projets dans leurs tiroirs : tout va bien. La télé marche, on a retrouvé le paquet de cartes à jouer et la bibliothèque est bien achalandée.
Pour suivre nos aventures avec des vraies images, on vous conseille ce blog fait par des potes à nous : http://www.meteo.fr/temps/domtom/La_Reunion/. Si le bulletin est ardu car sans image, l’onglet Saison cyclonique en cours vous montrera des beaux dessins. En tout cas, ça vous changera des sempiternelles entrées maritimes sur le golfe de Gascogne ou du mistral et tramontane sur le pourtour méditérranéen.
A bientôt,















