Les Jardiniers de Bourbon

« De deux choses lune l’autre, c’est le soleil. »

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30 janvier, 2008

Classé dans : Journal familial — lesjardiniersdebourbon @ 17:49

Fame, Gula, ça vous dit quelque chose ? Pour ceux qui zapperaient un peu trop vite à la fin de la météo du soir – juste après la gesticulation tantôt funèbre, tantôt ironique du présentateur s’évertuant à ranimer le gris carcéral et à réchauffer le bleu arctique de ses cartes – il y a parfois, on dit bien parfois, un petit clin d’oeil pour les colonies, nos amis d’outre-mer les bien nommés (surtout ceux qui ont une chambre supplémentaire), avec un exposé supersonique du temps-qu’il-fait-là-bas, le tout en quelques cartes aussi minuscules qu’ensoleillées. Eh oui ! Tout ronds, tout jaunes, c’est nous, juste après les antillais et les saint-pierrois miquelonnais.

Sauf qu’en ce moment, y’a du nouveau dans ce pauvret rituel cathodique. On nous consacre au moins trente secondes de plus ! La faute à l’ex-Fame et à Gula. Ce sont les deux systèmes cycloniques (respectivement les huitième et neuvième de la saison) qui nous cherchent laborieusement des noises depuis une petite semaine. L’ex-Fame doit son préfixe à la rétrogradation que ses amants météorologues lui ont infligé suite au re-calcul de son état amoureux et néanmoins potentiellement dangereux. De cyclone, elle est donc devenue une dépression tropicale (normal après un tel désaveu amoureux) qui a entrepris de pleurer sur nous après avoir passé ses nerfs sur Mayotte et Madagascar (qui ont bien dégusté au passage). Quant à Gula, c’est plutôt une tempête tropicale modérée, ex-cyclone intense (les météomen ont l’amour vache), qui a perdu de sa vigueur en batifolant d’une façon trop stationnaire au nord est de Maurice. A trop reluquer de loin les culs bronzés sur les plages de l’amour, il en a perdu sa vigueur.

Bref, pour l’instant on se permet de déconner un peu, même si les seaux d’eau tombés hier et ce matin nous promettaient pour ce soir une future alerte orange… qui n’est finalement jamais tombée. Au grand dam de nos cancres qui escomptaient gagner quelques jours de confinement sans travail. Il se murmure même que certains professeurs espéraient eux-aussi secrètement gratter quelques journées de corrections supplémentaires pour agrémenter les piles un peu trop maigres de leurs paquets estivals… Hélas, ils regarderont donc passer les nuages et leurs petites bourrasques depuis leurs salles de classe.

En attendant, comme tout le monde ici, nous surveillons la météo au moins cinq fois par jour. Histoire de vérifier si l’adage de Météo France se réalise, ou bien pour découvrir à temps si leurs incertidudes prévisionnelles rapprocheraient de nos côtes déjà pourtant bien rincées les deux prétendants éconduits dont on parlait plus haut. L’heure est donc à l’expectative et à l’effervescence (presque) pré-apocalyptique. On stoque de l’eau, des bougies et quelques piles. Chouette ! On va peut-être enfin goûter à des raviolis en boîte ! Y’a même de la crème Mont-Blanc en stock pour les bobos du déluge ! Pour ce qui est de remplir la baignoire, on hésite quand même encore à y mettre de l’essence ou du sucre… Rassurons quand même les inquiets ou les inquiètes qui auraient un billet ou des projets dans leurs tiroirs : tout va bien. La télé marche, on a retrouvé le paquet de cartes à jouer et la bibliothèque est bien achalandée.

Pour suivre nos aventures avec des vraies images, on vous conseille ce blog fait par des potes à nous : http://www.meteo.fr/temps/domtom/La_Reunion/. Si le bulletin est ardu car sans image, l’onglet Saison cyclonique en cours vous montrera des beaux dessins. En tout cas, ça vous changera des sempiternelles entrées maritimes sur le golfe de Gascogne ou du mistral et tramontane sur le pourtour méditérranéen.

A bientôt,

 

21 janvier, 2008

Classé dans : Journal familial — lesjardiniersdebourbon @ 9:00

A une époque pas si lointaine, quand on soumettait le menu du soir aux votes des visiteurs de ce site, on avait droit à quelques commentaires impliqués dans ce choix crucial. Qui pour l’espadon, qui pour le cari poulet, ça s’engageait volontiers dans le débat, sans rancune météorologique, avec certainement l’impression d’en être un peu, malgré tous ces kilomètres de froidure entre vous et nos assiettes ensoleillées. Mais quand on a basculé dans le Trivial Pursuit avec une question verte de biologie (cf le 12 janvier dernier), c’en fut fini de la motivation métropolitaine, les cerveaux n’embrayèrent plus sur les estomacs. Quid de la drôle de boule rouge et jaune dont il ne fallait pas abuser ? Nan ? Vraiment pas ? Et dire qu’il y avait un voyage pour deux à gagner… jusqu’à la gare la plus proche de chez vous. Après bien entendu chacun faisait comme il voulait pour rejoindre son aéroport préféré et opter pour la compagnie de ses rêves :

http://www.air-austral.com/accueil.php (la seule à desservir Saint-Pierre)

http://www.airfrance.fr

http://www.corsairfly.com/corsair/home.ts

Tout ça pour une malheureuse muscade…

Mais puisqu’on en est là, n’hésitez pas à tapoter sur les pages de réservation virtuelle de ces sites. Vous découvrirez la dure réalité de l’exil ultramarin. Et surtout pour les heureux vacanciers de l’Education Nationale. Car en ces temps de pétrole caviar, les trois requins de l’aéronautique dans l’océan Indien s’entendent comme des dalons pour pratiquer une politique tarifaire des plus rafraîchissante. Quand on conjugue le calendrier scolaire réunionnais avec leurs moteurs  de recherche pour dégoter un modeste siège de liliputien en charter bondé, on découvre que la sur-rémunération des fonctionnaires d’Outre Mer s’en trouve soudainement et pleinement justifiée, pour ne pas dire rendue nécessaire pour la petite famille qui veut rejoindre de temps à autre son petit Liré et sa doulceur angevine. En vacances, à compter du 5 juillet 2008, le billet individuel s’arrache autour de 2000 euros. Une tige de canne quoi… D’un point de vue métropolitain - une fois passé le sarcasme facile de l’enrhumé chronique qui se vengerait sur les perpétuels ensoleillés qui n’ont, après tout, que ce qu’ils méritent - quand on se prête à spéculer et rêvasser autour d’un éventuel voyage dans notre île, on s’aperçoit que les requins susnommés ont tout prévu là-aussi… Heureux les p’tits gars du privé sans gosses scolarisés qui profiteront de l’intersaison des prix ! Mais pas à moins de 700 euros, sauf à dénicher The Magic Ticket, le Saint-Graal dont on entend parler parfois, et que seuls certains arpenteurs du Web ont déjà entr’aperçu après une nuit de quête fiévreuse sur des sites mystérieux.

Où l’on découvre donc que dans une famille normalement constituée, la présence d’un médecin ou d’un mécanicien automobile n’est pas la seule panacée aux tracas du quotidien. Il faut aussi une hôtesse de l’air ou un stewart. Pauline si tu nous lis… Le mieux toutefois étant l’amitié indéfectible d’un PDG (à vie) de compagnie aérienne, du moins parmi les trois citées plus haut. Car l’explication finale sur le pourquoi du comment d’un tel racket, n’est pas à chercher uniquement dans l’instabilité au Moyen-Orient ou dans la raréfaction des énergies fossiles, mais bel et bien dans l’absence de concurrence nombreuse sur notre destination. Y’a qu’à comparer avec notre frangine Maurice qui a sa propre compagnie sur son tarmac, et qui en plus le partage avec des dizaines d’autres déservant ses plages jonchées de jeunes couples amoureux. Contrairement à chez nous, les tarifs y tiennent plus du bronzage que du coup de soleil. Mais les 2OO kilomètres nous séparant rendent néanmoins l’escale coûteuse en temps et en euros. Ceci dit, on sortira nos calculettes pour tenter le coup. Mais quand on sait que Johannesburg et les immensités sud-africaines ne sont qu’à 450 euros de nous, il va y avoir du dilemme dans l’air estival. Marché de Noël au vin chaud ou Grands Parcs Animaliers en live ? Mmmmm…

Voilà pour cette chronique d’un exil lointain. Heureusement que le vent marin sèche vite nos larmes de crocodiles ensablés… Mais en même temps, il est clair que la distance a un coût inévitable dont les portefeuilles, comme les âmes, sont les victimes plus ou moins consentantes. Ici, la mer et le ciel vides (qu’on voit depuis la terrasse et la fenêtre) rappellent très souvent l’immense courbure du globe terrestre. Et ce ne sont pas les quinze surfeurs accroupis sur le spot de la Digue qui suggéreront la clef d’une échappée par les flots. D’autres requins veillent…

A bientôt (quand même !),

Post-scriptum de dernière minute : notre boîte mail nous avertit par procuration qu’une personne avait bel et bien identifié la muscade photographiée récemment. Bravo à elle ! Elle gagne une entrée gratuite au Jardin des Epices et des Senteurs de Saint-Philippe. Sortez les agendas ! 

 

19 janvier, 2008

Classé dans : Journal familial — lesjardiniersdebourbon @ 17:56

Bientôt six mois d’existence pour ces lignes, une bonne centaine de remarques sur nos pseudo-aventures tropicales et presque 2000 connexions intéressées par notre quotidien de néo-iliens. Généralement, quand un article commence par ce genre de résumé, c’est que ça sent la page blanche. Force est de reconnaître qu’on s’en approche finalement un peu, tant le soleil et nos sempiternelles baignades pullulent dans ces lignes par trop dédiées au farniente et à la glandouille plutôt qu’aux analyses socio-historico-économico-linguistiques de la vie réunionnaise. Dans ce registre on vous aiguillera tout de même volontiers vers la lecture de l’Express de ces derniers jours (du moins dans notre hémisphère) avec un dossier bien ficelé sur les langues créoles. Mais ne trouvant pas de lien direct sur internet, on craint que ces lignes n’aient été écrites qu’à notre seule destination d’outre-mer, histoire de nous prouver que les journalistes de là-bas s’intéressent aussi aux questions d’ici-bas. On verra si on peut néanmoins glisser ça en ligne, histoire de rassurer nos éventuels lecteurs qui s’interrogent sur notre capacité à communiquer avec la population locale… Toujours dans cette veine Trivial Pursuit, il y a des dossiers intéressants pour les curieux sur le site de l’hebdomadaire  (http://www.lexpress.fr/info/region/dossier/reunion/dossier.asp).

Mais revenons à nos angoisses du début d’article. A défaut de celle de la page blanche, c’est plutôt celle de la capacité d’accueil du site hébergeant ce blog qui inquiète. Les cinquante mégas ont été atteints à force de montrer nos binettes et de bavasser sur la météo. Il va falloir passer à la caisse pour s’autoriser une rallonge de papier photo virtuel. Certains se diront peut-être que c’est l’occasion de définitivement passer au journalisme ou à la littérature créole. Mais en tout cas, avec 500 mégas à venir, ce site pourra quand même continuer à vous taquiner avec ses cartes postales familiales sur le sable. Courage, le printemps est pour bientôt. Surtout pour ceux qui viennent nous voir.

A bientôt,

 

17 janvier, 2008

Classé dans : Journal familial — lesjardiniersdebourbon @ 13:26

Petit retour sur notre excursion d’hier. En profitant d’une fenêtre météorologique favorable sur l’est (habituellement pluvieux), nous avons rejoint la forêt de Bélouve (on dit aussi Bébour). La route est longue depuis Saint-Pierre, car il faut passer par les Plaines (des Cafres et des Palmistes) et ensuite rouler une vingtaine de bornes sur la route forestière bétonnée qui rejoint le refuge de Bélouve. Lacets, cols, serpentins, et moults radiers une fois passés, on arrive alors au bord du cirque de Salazie. Tout au bord même, puisque le regard plonge sur la gigantesque excavation géologique où surnagent quelques ilets avec des drôles de noms (la Mare à Martin, la Mare à Poule d’Eau, Hell-Bourg…), tous perchés sur des pitons ou des contreforts abrupts. Le Cirque est accessible par la route, en venant du Nord, ou bien par le gîte de Bélouve où nous étions justement. Mais de cet endroit… on ne peut que marcher, ou plutôt descendre pour avoir accès au Cirque ! Arlette et Roland ont choisi cette option pour crapahuter et tester les muscles de leurs cuisses, tandis que nous restions plus sagement en haut, avec les marmailles, pour s’enfoncer dans la forêt primaire. On s’est alors baladé sous les tamarins des hauts,  les fougères arborescentes et les cryptomérias vert émeraude, en baguenaudant le long du chemin de rondins inégaux  qui mène au Trou de Fer.

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Mais la pluie qui s’approchait nous a rapatriés aux voitures sans que l’on parvienne à atteindre le site pour pouvoir y jeter les gosses. Il faudra donc revenir… Abandonnant les touristes lorrains qui avaient décidé de passer la nuit à Hell-Bourg, nous avons repris la route du retour sous des trombes d’eau, en écoutant le crissement des essuie-glaces et en regrettant le panorama dorénavant mangé par les nuages. Vivement l’hiver austral et ses journées sans pluie pour qu’on y retourne !

A bientôt,

 

12 janvier, 2008

Classé dans : Journal familial — lesjardiniersdebourbon @ 10:03

Hier fut l’occasion d’un retour dans le Sud Sauvage pour une expédition familiale – la preuve ? nous avions deux voitures, pour ménager les courroies dans les pentes… – . D’abord un arrêt inévitable à Grande Anse, avec sa longue courbe de sable blanc, ses palmiers et son gazon vert tendre, sa mer bleue sombre, étonnamment docile pour une fois. Nous nous sommes recueillis un court instant en pensant aux autres, Là-Bas, et Arlette la jeune et fringante retraitée y a sans doute songé un peu plus que nous.

Puis nous avons roulé jusqu’au Cap Méchant avec ses falaises noires déchiquetées, ses filaos et ses troncs blanchis. Sans oublier sa Folle, véritable plaie du site qui vient s’entretenir constamment avec les visiteurs pour aborder sa vision toute personnelle de la religion moderne : http://www.youtube.com/watch?v=YOaFlbNdZ-Y&feature=related.

Ensuite, après une petite pause brochettes en bord de falaise, nous avons visité le Jardin des Parfums et des Epices, à Saint-Philippe : http://www.mi-aime-a-ou.com/jardin_des_parfums_et_des_epices.htm. C’est un endroit forcément extraordinaire, inévitablement luxuriant, irrésistiblement tropical et exotique, bref un lieu où s’accumulent  les regards incrédules sur des espèces végétales que les qualificatifs peinent à décrire précisément. On y apprend à regarder, on découvre la source de banalités culinaires – Tiens ? C’est ça du poivre ? Et ça ? c’est vraiment une banane ? Vous voulez dire qu’on mange tous les jours de ce drôle de truc là ? – et on se sent très petits et très intimidés devant certains miracles naturels, des pieds de litchis de plus de quinze  mètres et 200 ans au compteur, des manguiers gigantesques… Le tout avec les commentaires savants et marrants du propriétaire du lieu, incollable en latin scientifique et roi incontesté de la répartie créole face à  notre consternante ignorance des choses naturelles…

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Qui saura nous dire ce que tiennent les doigts dans cette dernière photo ? Un indice : on en mange, mais pas trop, car sinon…

Après les deux heures de visite au pays des plantes-qu’on-savait-même-pas-qu’elles-existaient-ou-presque, Stéphanie et Fleur sont rentrées se baigner tandis que le reste de la troupe entreprenait le tour de l »île par l’Est, avec retour par les Plaines. Tout ça histoire de voir et revoir les coulées de lave, et de vérifier les changements de climats réunionnais en quelques lacets kilomètriques. Les Lorrains en vacances sont donc passés des Tropiques et des litchis aux Vosges brumeuses avec leurs prés à vaches, le tout en moins d’une heure. Avant de rebasculer vers Saint-Pierre depuis les hauteurs de la Plaine des Cafres dans les derniers rayons du soleil couchant. Par comparaison, c’est un peu comme passer le Col de la Schlucht et déboucher sur la Côte sans se taper les 800 bornes de bouchons métropolitains qui les séparent…

Concernant les coulées de lave, peut-être nos actuels vacanciers ou nos futurs arrivants auront-ils le droit à un nouveau spectacle pyrotechnique ? Le volcan a en effet montré des signes prometteurs d’activités la nuit dernière : http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=172959&page=article. En même temps, si jamais la Fournaise décidait de rejouer Les derniers jours de Pompéi, cette dernière remarque aurait alors un drôle de parfum…

 A bientôt,

 

 

7 janvier, 2008

Classé dans : Journal familial — lesjardiniersdebourbon @ 10:09

Voilà six mois qu’on attendait ce jour : c’est la rentrée… en métropole. Pour nous encore trois semaines de vacances, de farniente, de baignade, de barbecue, de glandouille, de randonnées, de soirées sous la varangue, de dodo(s)… Stop ! On a pitié. On vous souhaite beaucoup de courage en ce jour funeste. Rien qu’en regardant les choses qui suivent, vous mesurerez combien notre compassion à votre endroit est grande…

D’abord : http://www.mairie-metz.fr/metz2/decouvrir/webcam/index.php

Puis : http://www.stgilles.com/webcam.php

Et enfin :

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Bonne année et à bientôt,

 

6 janvier, 2008

Classé dans : Journal familial — lesjardiniersdebourbon @ 14:42

Après les premiers litchis, les premières mangues ou les premiers coups de soleil, voici venu le temps de nos premiers touristes. Ils sont arrivés tout beaux, tout blancs, à la descente d’avion à Saint-Pierre, avec 30°C d’amplitude thermique dans la tête. Adieu chaussettes, adieu double ou triple couche de vêtements. Bonjour short et baignade ! Fleur est bien entendu très heureuse de retrouver ses mamie et papi pour leur faire découvrir la Réunion. Hier, ce fut donc lagon, palmes-masque-tuba et procession tamoule sur la plage. Et les premiers bouchons, les premières bières fraîches sous la varangue… Et bientôt randonnées dans les Hauts et excursions tropicales. Vive les vacances en famille !

A bientôt,

1 janvier, 2008

Classé dans : Journal familial — lesjardiniersdebourbon @ 9:45

Fêter le passage à la nouvelle année en short et les mirettes rivées sur le feu d’artifice tiré depuis le port de Saint-Pierre avait quelque chose d’inédit et d’insolite pour des ex-lorrains jadis confinés près des radiateurs à cette même époque.  A 9h30 passées, Fleur semble se décider à faire la grasse matinée, après un réveillon passé à jouer avec les petits du quartier. Peut-être est-ce une des bonnes résolutions qu’elle a secrètement prise hier au soir…

Finalement, au lieu de rester tous les trois sous la varangue, nous avons rejoint la bande sympathique des voisins du lotissement et avons basculé en 2008 en papotant à quinze autour d’un bon gueuleton, tandis que les mouflets des uns et des autres jouaient et télévisionnaient dans leur coin. Après le canard à la vanille, quand minuit est arrivé, Saint-Pierre s’est embrasé grâce aux traditionnels pétards dont les explosions ont à peine couvert le séga et le raggamuffin qui ont inondé Terre Sainte jusqu’à l’aube. Et c’est tout tranquillou qu’on a glissé jusque vers 2 heures passées, avant de faire les trente mètres qui nous séparaient de nos lits. Si ce matin on entend encore des pétarades deci-delà, portées par le vent qui s’est levé dans la nuit, c’est pourtant le silence qui domine. Pas de réveil blafard, pas besoin de grelotter pour faire couler le premier café de l’année. Sous les tropiques, la dissipation des brumes matinales post réveillon a ainsi quelque chose de plus progressif, le retour à la réalité ensoleillée ramènant les pieds sur terre plus en douceur qu’ailleurs. Peut-être est-ce aussi la perspective de récupérer pendant encore un mois au fond du hamac qui facilite tant les choses. « Ici, la vie est plus cool  » disait un des philosophes de la soirée d’hier. Dès ce matin, on comprend bien le sens de sa maxime…

On vous souhaite une très, très, très bonne année !

A bientôt,